Quelques jours après le conseil municipal extraordinaire organisé au pied du chantier de l’ex-BSMat, la Ville de Langres poursuit son offensive contre la réorganisation hospitalière des Centre et Sud Haute-Marne. Au micro d’Active Radio, le maire Théo Caviezel assume une démarche à la fois symbolique et politique, dans la continuité d’un engagement fort pris pendant la campagne municipale.
Entretien avec Théo Caviezel, maire de Langres :
À Langres, la bataille autour du futur hôpital est loin d’être terminée. En réunissant un conseil municipal extraordinaire directement sur le site de l’ex-BSMat, là où le chantier avance déjà rapidement, Théo Caviezel a voulu envoyer un signal clair : pour la nouvelle équipe municipale, ce dossier reste central, structurant, et surtout loin d’être refermé.
Pour le maire de Langres, deux mois après son élection, il était important de matérialiser sur place le désaccord de la commune avec un projet qu’il continue de juger profondément insatisfaisant. À ses yeux, la mobilisation du 22 mai, en présence de plusieurs centaines d’habitants et d’élus, traduisait à la fois l’inquiétude persistante du territoire et la volonté de la municipalité d’être, cette fois, pleinement aux côtés des opposants au projet.
Un chantier visible, mais un débat qui dépasse le bâtiment
Théo Caviezel insiste sur un point : pour lui, la question n’est pas d’abord celle d’un bâtiment neuf. Il estime que le sujet ne devrait pas être abordé sous l’angle administratif, immobilier ou financier, mais bien comme un véritable projet de santé pour l’ensemble du territoire.
C’est justement là que se situe, selon lui, le cœur du problème. Le maire considère que la réorganisation actuelle menace directement des équilibres qui fonctionnaient encore, en particulier à Langres, avec notamment une chirurgie qu’il décrit comme reconnue et attractive, y compris au-delà du seul bassin langrois.
Il redoute qu’en retirant à Langres une partie de ses services, c’est à terme tout l’équilibre hospitalier du territoire qui soit fragilisé, y compris du côté de Chaumont.
Une motion pour acter un rejet politique
Lors de ce conseil municipal extraordinaire, une motion a été votée par la majorité municipale. Théo Caviezel reconnaît lui-même que ce vote ne fera pas s’arrêter les pelleteuses du jour au lendemain. Mais il y voit un acte politique nécessaire, destiné à marquer officiellement le refus de la Ville de Langres face à un projet qu’il juge injuste et dangereux pour les décennies à venir.
Le maire parle d’un sentiment de mépris de la part des différentes instances rencontrées jusqu’ici, qu’elles soient locales, régionales ou nationales. Il estime que, malgré les alertes lancées depuis plusieurs années par des soignants, des élus et des habitants, les réponses apportées restent très largement insuffisantes.
Le combat continue sur plusieurs fronts
Pour la municipalité langroise, la suite du dossier se jouera à la fois sur le terrain politique et sur le terrain juridique. La Ville entend continuer à s’engager aux côtés de l’association Égalité Santé, notamment dans le recours engagé devant le Conseil d’État.
En parallèle, Théo Caviezel poursuit aussi son interpellation des plus hautes instances de l’État. Il a récemment adressé un message au président de la République, Emmanuel Macron, en rappelant que d’autres territoires ruraux comparables ont pu bénéficier d’un hôpital à plateau technique centralisé entre deux bassins de vie.
À ses yeux, ce qui a été rendu possible ailleurs devrait aussi être sérieusement regardé ici, surtout quand l’on parle d’un territoire de plus de 100 000 habitants déjà confronté à une situation sanitaire fragilisée.
Des échanges avec Chaumont, mais des divergences de fond
Sur ce dossier, le maire de Langres affirme vouloir continuer à échanger avec les autres collectivités concernées, notamment Chaumont et son agglomération. Il dit attendre une rencontre avec le nouveau maire de Chaumont, tout en assumant des divergences fortes sur la lecture de la situation.
Pour autant, il insiste sur le fait que, selon lui, le combat mené aujourd’hui n’est pas uniquement celui de Langres. Il concerne l’ensemble du territoire centre et sud haut-marnais, et même au-delà, si l’on considère les répercussions possibles sur les départements voisins et sur les flux de patients déjà largement tournés vers Dijon.
Une mobilisation qui reste forte
Le rassemblement du 22 mai a, de ce point de vue, confirmé que la question hospitalière demeure l’un des sujets les plus sensibles du moment dans le Pays de Langres. Pour Théo Caviezel, cette mobilisation prouve que le territoire ne se résigne pas, malgré l’avancée du chantier.
Le maire dit ne pas demander à être suivi aveuglément, mais à être convaincu par des réponses sérieuses, argumentées et à la hauteur des enjeux. Tant que cela ne sera pas le cas, assure-t-il, la Ville de Langres continuera à faire entendre sa voix.
Environ 1 000 personnes (habitants, élus, personnel médical) ont répondu présent sur place :