Tout comme « Octobre Rose » s’est imposé dans les esprits pour le cancer du sein, le calendrier de la santé publique dédie le mois de juin à un autre combat essentiel : la lutte contre le cancer du col de l’utérus. Baptisé « Juin Vert », ce mois de mobilisation vise à faire sortir de l’ombre un dépistage organisé encore trop méconnu. Pourtant, détecté à temps, ce cancer est évitable ou guérissable dans 9 cas sur 10. Panorama d’un enjeu majeur de prévention avec la CPAM.
Entretien avec Salomé Chesneau, chargée de projet en éducation pour la santé à la CPAM de la Haute-Marne
FOCUS : POURQUOI PARLE-T-ON DE « JUIN VERT » ?
Le mois de juin est la période officielle de sensibilisation au dépistage du cancer du col de l’utérus. Malgré l’existence d’un programme national structuré, ce dépistage reste le moins connu des trois programmes organisés en France (avec le sein et le colorectal). L’objectif de Juin Vert est de rappeler à toutes les femmes l’importance d’un suivi régulier et de briser les tabous ou les craintes liés aux résultats.
Un dispositif jeune qui s’installe pas à pas
Sur le terrain, notamment dans les territoires ruraux, le manque de visibilité du dépistage s’explique principalement par sa jeunesse. Comme le souligne Salomé Chesneau : « C’est le petit nouveau des trois dépistages organisés. Le programme national du col de l’utérus n’est apparu qu’en 2018 ». Moins ancré historiquement, il s’adresse pourtant à un très large public, ciblant l’ensemble des femmes assurées de 25 à 65 ans.
Une invitation simplifiée via l’Assurance Maladie
Pour donner toute sa force à la dynamique de prévention, l’Assurance Maladie a modernisé ses démarches. L’invitation est désormais transmise de manière dématérialisée directement sur le compte ameli des assurées dès l’âge de 25 ans. Si aucun examen n’est enregistré, des relances automatiques par e-mail interviennent 6 mois plus tard, suivies d’un courrier postal après un an pour s’assurer que l’information a bien été reçue.
Comprendre les examens selon son âge
Le programme national de dépistage adapte la technique d’analyse selon deux profils d’âge :
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De 25 à 30 ans : L’analyse cytologique L’objectif est d’observer directement la structure des cellules pour y déceler d’éventuelles anomalies. Le protocole demande deux premiers examens à un an d’intervalle. Si tout est normal, un contrôle est simplement programmé 3 ans plus tard. En cas d’anomalie, un test HPV est réalisé en complément.
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De 30 à 65 ans : Le test HPV-HR Le frottis sert ici à effectuer un test de biologie médicale à la recherche directe du virus lui-même (Papillomavirus Humain à Haut Risque). Si le test est négatif, la protection est excellente et l’examen n’est à renouveler que tous les 5 ans. En cas de test HPV positif, une analyse cytologique est alors déclenchée.
Un point essentiel à retenir : Recevoir un résultat de test HPV positif n’équivaut absolument pas à une annonce de cancer. Cela révèle simplement la présence du virus ou de petites modifications cellulaires. Cette détection précoce permet d’orienter rapidement la patiente vers un médecin pour un accompagnement préventif efficace, évitant précisément l’apparition de complications futures.
La proximité des soins, un atout majeur en Haute-Marne
Face aux problématiques de démographie médicale et d’accès parfois complexe aux gynécologues spécialisés, le dépistage a été pensé pour être accessible à toutes. Nul besoin d’un rendez-vous chez un spécialiste : le frottis de dépistage peut être réalisé par plusieurs professionnels de santé au plus près de chez soi :
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Votre médicament généraliste habituel lors d’une consultation ;
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Une sage-femme ;
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Un professionnel au sein d’un centre de santé ;
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Un laboratoire de biologie médicale.
Une fois le prélèvement réalisé, les analyses sont traitées rapidement et les résultats sont envoyés sous 2 à 3 jours.
Vaccination et dépistage : le double réflexe indispensable
Le cancer du col de l’utérus étant induit par le virus HPV, la vaccination des jeunes filles et des jeunes garçons offre une efficacité proche de 100 % si elle est réalisée avant le début de la vie sexuelle. Elle est recommandée entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible de 15 à 26 ans.
Cependant, Salomé Chesneau insiste sur un message fondamental : la vaccination ne remplace pas le dépistage. Toutes les femmes, vaccinées ou non, doivent impérativement maintenir leur suivi régulier entre 25 et 65 ans.
Prendre en main sa santé durant ce mois vert
Le virus HPV touche environ 80 % des personnes au cours de leur vie active. Compte tenu d’un temps de latence très long (le virus peut mettre 10 à 15 ans à se transformer en lésion cancéreuse), la régularité du suivi est la seule clé de voûte de la sécurité.
En ce mois de Juin Vert, le mot d’ordre est de devenir actrice de sa santé et de dépasser l’appréhension du résultat.

Pour en savoir plus sur les modalités de prise en charge et le programme de prévention, rendez-vous sur l’espace dédié aux dépistages organisés des cancers sur le site officiel : ameli.fr.