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Chaumont : la canicule laisse des traces durables sur le patrimoine arboré

today16/09/2026

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Emission réalisée en partenariat avec la Ville de Chaumont. Jaunissement précoce, feuillages brûlés, arbres affaiblis : les fortes chaleurs de cet été ont fortement marqué le patrimoine arboré de Chaumont. Alors qu’une vingtaine de sujets doivent prochainement être abattus à travers la ville, les conséquences de cet épisode pourraient encore apparaître dans plusieurs années. Face à cette évolution, la Ville adapte progressivement sa gestion et le choix des essences plantées, dans le cadre notamment de sa démarche One Health. 

Entretien avec Ivan Gaultier, référent patrimoine arboré :

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    Chaumont : la canicule laisse des traces durables sur le patrimoine arboré chaumont

 

Des arbres mis à rude épreuve cet été

Les effets de la canicule sont parfois particulièrement visibles. Avenue du 109e R.I., l’un des érables observés par les équipes municipales porte les marques des fortes chaleurs. Déjà fragilisé au niveau du pied et par des tailles drastiques réalisées il y a plusieurs années, il fait partie des sujets qui devront être abattus.

Deux phénomènes se sont conjugués durant l’été : le manque d’eau, qui provoque un important stress hydrique, et les températures très élevées. Certains arbres ont ainsi vu leur feuillage jaunir ou tomber bien avant l’automne. Une réaction qui ne signifie pas nécessairement leur mort : en se débarrassant d’une partie de ses feuilles, l’arbre peut aussi chercher à limiter ses besoins en eau pour survivre à la sécheresse.

Toutes les essences ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. Les charmes, les érables et les hêtres ont particulièrement souffert, quand les tilleuls, les sophoras ou certaines variétés privilégiées ces dernières années semblent mieux résister aux nouvelles conditions climatiques.

Des dégâts qui pourraient apparaître plusieurs années après

À proximité de la glacière de Chaumont-le-Bois, un autre exemple permet de mesurer l’intensité du phénomène. En hauteur, le feuillage d’un arbre a pris une couleur rouge, comme s’il avait brûlé. Lorsqu’il fait 40°C à l’ombre, la température au niveau du houppier directement exposé au soleil peut dépasser les 50°C.

Surtout, les conséquences de l’été 2026 ne seront pas toutes immédiatement visibles. Un arbre peut encore paraître en bonne santé aujourd’hui tout en ayant épuisé une partie de ses réserves après plusieurs épisodes successifs de sécheresse et de chaleur. Certains pourraient ainsi dépérir dans deux, trois ou cinq ans, avec un risque supplémentaire de maladies ou de ravageurs profitant de leur affaiblissement.

Les jeunes plantations font, elles, l’objet d’une surveillance particulière. À Chaumont, chaque arbre planté en ville entre 2023 et 2025 reçoit 100 litres d’eau par semaine, un accompagnement maintenu pendant environ trois ans afin de lui laisser ensuite développer progressivement son autonomie.

Une vingtaine d’abattages, mais davantage de plantations

Dans les prochaines semaines, plusieurs interventions seront menées à travers Chaumont. Les avenues du Maréchal-Foch, d’Ivréa et du 109e R.I. sont notamment concernées, tout comme certains secteurs de Chaumont-le-Bois, de La Fayette ou des abords du viaduc. Une vingtaine d’arbres doivent être abattus avant la fin de l’année.

L’abattage reste toutefois la dernière étape lorsque le dépérissement est irréversible ou qu’un arbre représente un risque pour les personnes et les biens. Dans d’autres situations, seules les parties dangereuses peuvent être retirées. Place de la Résistance, par exemple, l’un des arbres en fin de vie fait encore l’objet d’un suivi sanitaire et a été consolidé à l’aide de haubans afin de l’accompagner aussi longtemps que possible.

Depuis quatre ans, la Ville plante par ailleurs davantage d’arbres qu’elle n’en abat. Entre 50 et 60 nouveaux sujets sont installés chaque année, avec une attention particulière portée à la diversification des essences. Savonniers, féviers ou encore micocouliers font partie des variétés capables d’être davantage utilisées pour mieux faire face aux évolutions du climat.

L’objectif est également de faire progresser l’indice de canopée, aujourd’hui établi à 10 % à Chaumont. Cet indicateur mesure la part du territoire couverte par le feuillage des arbres vu du ciel, avec des effets directs sur l’ombrage, le rafraîchissement de l’air, l’absorption des eaux de pluie ou encore la biodiversité.

5 700 arbres suivis à travers Chaumont

La gestion du patrimoine arboré représente un travail permanent. Environ 5 700 arbres de plus de deux mètres sont recensés en ville et dans les différents secteurs de la ceinture verte. À cela s’ajoutent 1 300 hectares de forêts communales, dont 26 hectares pour la seule forêt de Saint-Roch.

Un pôle arboré composé de quatre agents assure le suivi en ville, tandis que plus de 90 % des forêts communales et de la ceinture verte sont gérées avec l’appui de l’Office national des forêts. Chaque année, environ 300 arbres urbains font également l’objet d’une inspection par ONF Vegetis afin d’identifier d’éventuels signes de perte de vigueur, de dépérissement ou d’attaques parasitaires.

Cette surveillance s’inscrit dans le temps long. Les décisions prises aujourd’hui doivent tenir compte non seulement de l’état sanitaire des arbres, mais aussi de leur emplacement, de leur capacité à résister aux prochaines décennies et de la nécessité de conserver un patrimoine suffisamment diversifié.

Le patrimoine arboré au cœur de la démarche One Health

Cette adaptation rejoint directement la politique One Health, ou « Une seule santé », portée officiellement depuis un peu plus de deux ans par la Ville. Son principe repose sur les liens entre santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes.

Dans le cas du patrimoine arboré, cette approche se traduit par la diversification des essences, la préservation de la biodiversité, l’adaptation des pratiques d’entretien ou encore le maintien de certains arbres morts lorsqu’ils ne présentent pas de danger. Ces derniers constituent notamment des refuges pour les insectes, les oiseaux, les chauves-souris ou les écureuils, tandis que le bois laissé au sol participe à la fertilité des sols.

Une évolution engagée depuis près de dix ans par les équipes municipales, mais qui prend une nouvelle dimension face à la répétition des épisodes de chaleur. Car si les stigmates de la canicule sont déjà visibles sur certains arbres chaumontais, une partie de ses conséquences ne pourra être réellement mesurée que dans plusieurs années.

 

Toutes les émissions réalisées en partenariat avec la Ville de Chaumont sur la mission One Health sont à retrouver ici.

Écrit par: chaumont

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