Emission réalisée en partenariat avec la Ville de Chaumont. Dans le cadre du projet One Health – une seule santé, la Ville de Chaumont met aussi en avant la question de la cohabitation entre humains, animaux domestiques et faune sauvage. Un sujet concret, au croisement de la santé publique, du respect du vivant et de la qualité du cadre de vie.
Entretien avec Floriane Bussière, cheffe de projet One Health :
À Chaumont, parler de la place des animaux en ville revient à aborder bien plus qu’une simple question de présence animale dans l’espace public. Dans une ville à la campagne, où se croisent animaux domestiques, chats libres, oiseaux, hérissons ou encore écureuils, cette cohabitation suppose aussi des règles, de la prévention et une attention particulière aux équilibres naturels.
C’est dans cet esprit que la démarche One Health portée par la Ville s’intéresse aussi à ces interactions du quotidien. Car la santé humaine, la santé animale et la santé de l’environnement sont intimement liées.
Des gestes simples pour mieux vivre ensemble
La question se pose d’abord pour les animaux domestiques. En ville, la laisse est obligatoire pour les chiens sur la voie publique, à la fois pour la sécurité des passants et pour celle de l’animal lui-même. De la même façon, le ramassage des déjections canines reste un enjeu très concret de salubrité et de cadre de vie. La Ville rappelle qu’un simple sac permet d’éviter des nuisances pour tous, avec à la clé, en cas de non-respect, une amende de 135 euros.
Chats en ville : stérilisation, identification et prévention
Autre sujet important : la place des chats. À Chaumont, certains appartiennent à des particuliers et sortent librement, d’autres vivent dehors sans foyer clairement identifié. Dans ce contexte, la stérilisation et l’identification apparaissent comme deux leviers essentiels pour limiter la surpopulation féline, éviter les pertes ou les confusions avec des chats errants, mais aussi réduire certains risques sanitaires ou comportementaux.
La Ville rappelle d’ailleurs que l’identification est obligatoire pour tout chat né après 2012. Un chat stérilisé, au-delà de la limitation des portées, a aussi tendance à vivre plus longtemps, à moins se battre, à moins marquer son territoire et à avoir un impact plus limité sur la biodiversité.
Une gestion encadrée des chats libres
Sur ce point, la commune s’appuie également sur l’association Les Chats Libres de Chaumont. Depuis sa création en 2014, plus de 600 chats ont été capturés, stérilisés, identifiés puis relâchés sur leur site d’origine ou placés. Une action qui permet d’assurer un suivi sanitaire, de mieux encadrer le nourrissage et de privilégier une gestion éthique de ces populations animales.
Ne pas relâcher d’animaux dans la nature
La Ville alerte aussi sur une pratique encore observée : l’abandon dans la nature ou dans les cours d’eau d’animaux dont les propriétaires ne veulent plus. Tortues, poissons exotiques, lapins, rongeurs ou oiseaux relâchés peuvent mettre en danger leur propre survie, mais aussi déséquilibrer les milieux naturels.
À Chaumont, des tortues et poissons exotiques sont régulièrement retrouvés dans le canal. Or ces lâchers peuvent favoriser l’introduction d’espèces invasives, perturber les espèces locales ou encore apporter parasites et bactéries dans les écosystèmes. La consigne est claire : lorsqu’un animal ne peut plus être gardé, il faut se tourner vers une association, un refuge ou un vétérinaire, et ne jamais le relâcher dans la nature.
Nourrir les animaux en ville n’est pas sans conséquences
Autre point de vigilance : le nourrissage non encadré des animaux en ville. Même s’il part souvent d’une bonne intention, il peut avoir des effets négatifs importants, en favorisant notamment la prolifération des pigeons, des rats ou d’autres nuisibles. Les restes alimentaires laissés au sol ou les sacs poubelle mal fermés participent directement à ces déséquilibres.
La Ville appelle donc à ne pas nourrir les animaux sauvages sans encadrement, à stocker correctement les déchets organiques et à signaler toute prolifération anormale.
Protéger la faune sauvage sans l’apprivoiser
Enfin, l’approche One Health invite aussi à mieux considérer la faune sauvage qui vit déjà à proximité des habitants. Hérissons, chauves-souris, oiseaux ou écureuils jouent un rôle essentiel dans les équilibres naturels, qu’il s’agisse de pollinisation, de dispersion des graines ou de régulation des insectes.
Pour les préserver, plusieurs bonnes pratiques sont rappelées : éviter de détruire leurs abris, limiter l’usage des produits chimiques dans les jardins et favoriser la création de refuges adaptés. La Ville rappelle aussi qu’un animal sauvage blessé ne doit pas être gardé chez soi. En cas de découverte, il convient de limiter son intervention à une mise en sécurité immédiate et de contacter rapidement une structure spécialisée, comme le CPIE Sud Champagne.
À travers cette sensibilisation, Chaumont rappelle que la place de l’animal en ville ne relève pas seulement de la question du bien-être animal, mais aussi de celle de l’équilibre global du territoire. Une manière très concrète d’illustrer l’approche One Health : mieux vivre ensemble, humains et animaux, dans un environnement plus respecté.
Toutes les émissions réalisées en partenariat avec la Ville de Chaumont sur la mission One Health sont à retrouver ici.
