Chaumont au fil du temps, format court, épisode 7.Né à Chaumont en 1542, Guillaume Rose est aujourd’hui largement tombé dans l’oubli. Pourtant, cet ecclésiastique fut l’un des acteurs marquants des guerres de Religion, proche d’Henri III puis d’Henri IV, avant de laisser également son empreinte dans le patrimoine chaumontais.
Entretien avec Julien Marasi, chargé d’inventaire du patrimoine bâti :
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Guillaume Rose, ce Chaumontais qui a côtoyé les rois de France : sa maison natale enfin identifiée ?chaumont
Un enfant de Chaumont promis à un destin hors du commun
Si certains personnages liés à Chaumont, comme les Bouchardon ou Denis Decrès, restent bien connus, d’autres ont pourtant joué un rôle important dans l’histoire de France sans que leur nom ne soit resté dans les mémoires. C’est le cas de Guillaume Rose.
Né à Chaumont en 1542, fils de Jean Rose, seigneur d’Avrecourt, prévôt de Chaumont-en-Bassigny et bailli de Joinville, il poursuit très tôt des études au prestigieux Collège de Navarre, à Paris, où il obtient son doctorat en 1576. Chanoine puis doyen de la basilique Saint-Jean-Baptiste, il mène parallèlement une brillante carrière d’enseignant et de prédicateur, dont la réputation dépasse rapidement les frontières de la Champagne.
Le prédicateur des rois en pleine guerre de Religion
Son talent d’orateur attire bientôt l’attention du roi Henri III, qui le choisit comme prédicateur ordinaire. Guillaume Rose est connu pour son franc-parler. Une anecdote restée célèbre raconte qu’après avoir vertement réprimandé le souverain, celui-ci lui aurait offert 400 écus afin « d’acheter du sucre et du miel pour adoucir vos trop aigres paroles ».
Nommé évêque de Senlis en 1584, Guillaume Rose se retrouve au cœur des bouleversements politiques et religieux qui secouent alors le royaume. Lorsque le protestant Henri de Navarre devient l’héritier du trône, il rejoint la Sainte-Ligue, principal mouvement catholique opposé à cette succession, jusqu’à intégrer le Conseil de l’Union.
De l’opposition à Henri IV à la réconciliation
Après l’assassinat d’Henri III en 1589, Guillaume Rose poursuit son opposition au futur Henri IV. Mais la conversion de ce dernier au catholicisme et sa réconciliation avec l’Église changent progressivement la donne.
À partir de 1596, l’évêque retrouve son diocèse de Senlis. Opposé quelques années plus tard à l’édit de Nantes, il finit néanmoins par se réconcilier avec Henri IV, qui lui fait l’honneur de lui confier la prédication de son mariage avec Marie de Médicis en 1600.
Une empreinte toujours visible à Chaumont
Peu avant sa mort, survenue en 1602, Guillaume Rose offre huit tapisseries destinées à orner le chœur de la basilique Saint-Jean-Baptiste. Il est ensuite inhumé dans le chœur de la cathédrale de Senlis, où son neveu Antoine Rose lui succède à la tête de l’évêché.
Les recherches historiques permettent également de situer très probablement son lieu de naissance. Si son grand-père aurait fait construire l’hôtel Rose, rue Bouchardon, son père acquiert en 1540 une propriété située juste en face. Guillaume Rose serait ainsi né au numéro 5 de la rue Bouchardon, dans la maison dite « aux trois tourelles », un bâtiment qui témoigne encore aujourd’hui de cette page méconnue de l’histoire chaumontaise.
Le 5 rue Bouchardon correspondrait à la maison de naissance de Guillaume Rose en 1542
Dalle funéraire de Guillaume Rose aujourd’hui détruite à la cathédrale de Senlis
Epitaphe de Guillaume Rose aujourd’hui détruite à la cathédrale de Senlis
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