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Paradoxe dans l’Artisanat, pourquoi la CMA Réclame un « Passeport pour Entreprendre »

today03/07/2026

Arrière-plan
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L’artisanat traverse aujourd’hui une situation paradoxale inédite : alors que le secteur enregistre des records de création d’entreprises, il fait face en même temps à une vague historique de faillites. Pour stopper cette hémorragie, la CMA Grand Est réclame d’urgence la mise en place d’un « passeport pour entreprendre » : une formation obligatoire de trois jours avant de pouvoir se lancer.

Christophe Richard, président de la CMA Grand Est, décrypte les enjeux de cette mesure au micro d’Active Radio.

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    Paradoxe dans l’Artisanat, pourquoi la CMA Réclame un « Passeport pour Entreprendre » redaction

Un paradoxe lié à la complexification du marché

Si l’artisanat attire de plus en plus de créateurs, notamment grâce à la simplicité du régime de la micro-entreprise voulu par l’État, la réalité de la gestion quotidienne est devenue particulièrement difficile.

Aujourd’hui, un chef d’entreprise doit composer avec :

  • La hausse des coûts de l’énergie et des matières premières.

  • L’inflation générale.

  • Les difficultés de recrutement.

  • Des obligations administratives toujours plus nombreuses (comme l’arrivée de la facture électronique).

« On peut être un excellent boulanger, un excellent plombier ou coiffeur… mais l’excellence dans son métier ne suffit plus aujourd’hui sans les bases indispensables de la gestion d’entreprise. » – Christophe Richard

Beaucoup de créateurs démarrent sans maîtriser le calcul d’un prix de revient, la gestion de trésorerie ou l’anticipation des besoins de financement. Ce sont souvent ces erreurs des premiers mois qui fragilisent durablement l’entreprise.

Qu’est-ce que le « Passeport pour Entreprendre » ?

Le savoir-faire technique est la première richesse de l’artisan, mais être chef d’entreprise exige aussi d’être gestionnaire, commerçant, manager et communicant.

La CMA souhaite donc réinstaurer un parcours de formation de 3 jours obligatoires. L’objectif n’est pas de former des comptables ou des juristes experts, mais de transmettre les fondamentaux essentiels avant le lancement :

  • Savoir fixer le juste prix et calculer ses marges.

  • Comprendre et suivre sa trésorerie.

  • Choisir le statut juridique et fiscal le plus adapté.

  • Connaître ses obligations sociales, fiscales et assurantielles.

  • Élaborer un véritable prévisionnel économique.

Une contrainte administrative de plus ?

Loin d’être un frein pour décourager les porteurs de projet, Christophe Richard défend cette mesure comme un investissement limité (3 jours) au regard des années que représente la vie d’une entreprise. Ce dispositif rappelle l’ancien Stage Préalable à l’Installation (SPI), dont la suppression a laissé un vide que le secteur paie aujourd’hui au prix fort.

Quel risque pour l’économie locale si rien ne change ?

Laisser la formation au statut de choix facultatif expose les territoires à de graves conséquences économiques et humaines. Chaque faillite d’artisan entraîne :

  • Des pertes d’emplois directs.

  • La disparition de savoir-faire uniques.

  • La fermeture de commerces de proximité, affaiblissant les centres-villes et les zones rurales.

  • Des difficultés pour les fournisseurs qui se retrouvent face à des impayés.

Le passeport pour entreprendre vise ainsi à transformer les projets de création en réussites durables, au bénéfice des entrepreneurs, de leurs salariés et des consommateurs.

Le conseil de la CMA aux futurs créateurs

L’accompagnement de la CMA ne s’arrête pas à la création. Les Chambres de Métiers proposent un suivi personnalisé tout au long de la vie de l’entreprise (conseils individuels, transitions numériques, formations complémentaires et aide à la transmission lors des départs à la retraite).

Crédit photo CMA

Le message de Christophe Richard pour conclure est clair :

« Quel que soit votre projet, même au stade de la simple idée, faites appel aux services de la Chambre, faites-vous conseiller, faites-vous accompagner. Aujourd’hui, on ne peut plus créer sans être accompagné. »

Écrit par: redaction

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