À Bar-le-Duc, le Musée Barrois mène actuellement une opération d’envergure : le récolement décennal. Ce travail de titan, supervisé par Claire Paillé, responsable du musée, permet de redécouvrir des objets du quotidien des siècles passés qui sommeillaient dans les réserves.
Rencontre avec Claire Paillé, responsable du musée Barrois
Le récolement n’est pas qu’une simple procédure administrative ; c’est une véritable redécouverte patrimoniale pour les équipes. Claire Paillé explique que cette étape consiste à confronter les inventaires physiques aux registres pour vérifier la présence et l’état de chaque pièce. En ce moment, l’accent est mis sur les « Arts et Traditions Populaires » (ATP), une collection riche d’objets du quotidien qui n’avaient pas été mis en valeur depuis de nombreuses années.
Des savoir-faire et des outils retrouvés
Grâce à ce travail minutieux, les agents — dont certains sont arrivés récemment — exhument des outils qui racontent la vie et les métiers de nos aïeux. Parmi les découvertes marquantes de Claire Paillé et son équipe :
-
Des fonds d’atelier des années 50-60 : Ces outils permettent de documenter des savoir-faire et des techniques artisanales autrefois courants.
-
Une scie américaine historique : Une pièce réalisée au tournant du XXe siècle par le plus important producteur mondial de scies de l’époque.
-
Des landiers du XVe siècle : Ces accessoires de cuisine médiévaux, utilisés pour suspendre des marmites ou poser des plats dans la cheminée, ont été formellement identifiés dans les réserves.
Un chantier prévu jusqu’à l’automne
Le travail dans les murs mêmes du musée, principalement dans le grenier, devrait s’achever d’ici la rentrée de septembre 2026. Cependant, Claire Paillé précise que la mission se poursuivra ensuite dans une réserve extérieure.
Cette seconde phase concerne environ 400 objets supplémentaires. Le défi sera de taille, car la diversité des pièces est immense : des plâtres, des spécimens de paléontologie, des objets d’histoire naturelle et des sculptures lapidaires imposantes. La responsable souligne d’ailleurs que la logistique pour déplacer une copie de l’Apollon du Belvédère est bien plus complexe que celle d’un simple rabot de menuisier.

(Scie à bois, acier et bois, entre 1896 et 1917, inv. prov. 25.09.01.141)Pour en savoir plus : https://www.meusegrandsud.fr/…/musee…/loeuvre-du-mois
Ce travail de l’ombre garantit que le patrimoine de Bar-le-Duc est correctement répertorié pour être, à terme, mieux transmis au public.