Pour leur quatrième édition, les Festivités des Arts de la Renne changent de décor et s’installent à Montheries, vendredi 2 et samedi 3 octobre. Après trois éditions organisées à Rennepont, l’association Les Arts de la Renne poursuit son ambition de faire venir des artistes de haut niveau au cœur des villages haut-marnais. Cette année, les cordes seront le fil conducteur de trois concerts, du violon et du violoncelle jusqu’à la viole de gambe, au théorbe et au oud.
Entretien avec Anne-Sophie Duprels, de l’association Les Arts de la Renne :
Une quatrième édition qui change de village
Créée en 2023 par la violoniste Karine Crocquenoy et la soprano Anne-Sophie Duprels, l’association Les Arts de la Renne développe depuis ses débuts une programmation artistique en milieu rural, dans la vallée de la Renne, à proximité de Colombey-les-Deux-Églises.
Après Rennepont lors des trois premières éditions, c’est donc la salle des fêtes de Montheries qui accueillera cette année les Festivités des Arts de la Renne. Chant lyrique, jazz, théâtre, comédie musicale ou chanson française ont déjà trouvé leur place au fil des précédentes éditions. Pour 2026, l’association a choisi de consacrer tout le week-end à « l’art des cordes ».
Trois concerts permettront ainsi d’en explorer des sonorités et des répertoires très différents.
Du baroque au XXe siècle avec Karine Crocquenoy et Annabelle Brey
Le festival débutera vendredi 2 octobre à 20 h 30 avec « L’art de la sonate », interprété par Karine Crocquenoy au violon et Annabelle Brey au violoncelle.
Le programme a été imaginé comme un voyage à travers près de deux siècles et demi de musique, de l’époque baroque au début du XXe siècle. Bach, Haendel, Mondonville, Benjamin Godard et Reinhold Glière permettront notamment de suivre l’évolution du dialogue entre le violon et le violoncelle, de la basse continue baroque jusqu’à une écriture où les deux instruments occupent progressivement une place plus égale.
Diplômée du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Karine Crocquenoy a notamment développé une importante activité autour de la musique de chambre et des instruments d’époque. Elle est également cofondatrice du Quatuor Cambini-Paris. Annabelle Brey, elle aussi formée au CNSM de Paris, a joué au sein de plusieurs orchestres avant de privilégier la musique de chambre et de développer parallèlement une activité de cheffe d’orchestre.
Viole de gambe et théorbe pour ouvrir le samedi
Samedi 3 octobre, le rendez-vous reprendra dès 18 h avec « Cordes en vibrations ». Atsushi Sakaï à la viole de gambe et Claire Antonini au théorbe feront notamment entendre l’univers de Marin Marais et sa « Suite d’un goût étranger », publiée en 1717. Une œuvre dans laquelle le compositeur mêle différents imaginaires et influences, avec des pièces évoquant des horizons réels ou fantasmés.
Gambiste, violoncelliste, chef d’orchestre et compositeur, Atsushi Sakaï navigue entre musique ancienne, création contemporaine et jazz. Il collabore notamment avec des ensembles baroques comme Les Talens Lyriques et Le Concert d’Astrée.
Claire Antonini est quant à elle spécialiste du répertoire français pour luth du XVIIe siècle. Son parcours l’a amenée à se produire en soliste, mais aussi auprès de plusieurs ensembles baroques, tout en explorant également la musique traditionnelle persane.
Une parenthèse botanique entre les deux concerts
Entre les deux rendez-vous musicaux du samedi, Alexandra Henrissat proposera une dégustation de bouchées botaniques et de délices floraux. Ce temps gourmand, organisé sur réservation, fera lui aussi partie intégrante de la soirée à Montheries.
L’occasion de faire une pause avant de retrouver un instrument à cordes venu d’un tout autre univers pour le dernier concert du festival.
Le oud d’Abderraouf Ouertani pour terminer le voyage
À 20 h 30, Abderraouf Ouertani clôturera cette quatrième édition avec « À la découverte du oud ».
Né à Tunis en 1983, le musicien s’est initié à la musique arabe et au oud avant de rejoindre Paris en 2008, où il a étudié l’ethnomusicologie tout en poursuivant une formation en jazz. Compositeur, interprète mais aussi chercheur, il travaille notamment sur l’évolution du oud et sur les possibilités offertes par son amplification et son électrification.
Son concert en solo sera construit en deux parties. La première fera entendre le oud dans une approche plus acoustique, tandis que la seconde permettra d’explorer de nouvelles sonorités grâce à l’électrique et à l’électronique. Les morceaux présentés sont tous de sa composition et certains sont issus de son cinquième album, annoncé pour la fin de l’année 2026.
Du violon au oud en passant par le violoncelle, la viole de gambe et le théorbe, cette quatrième édition entend ainsi montrer toute la diversité que peut recouvrir une même famille d’instruments.
