Même si ses portes restent fermées au public, le Musée Barrois est en pleine effervescence. Entre inventaire informatisé, manutention de pièces monumentales, traitement contre les insectes et défis scientifiques, immersion dans le quotidien des réserves avec Claire Paillé, responsable du musée
Qu’est-ce que le récolement ? Un travail d’enquêteur au quotidien
Obligation réglementaire pour l’ensemble des établissements labellisés « Musée de France », le récolement consiste à pointer scrupuleusement chaque objet conservé par rapport aux registres d’inventaire officiels. L’objectif : vérifier si ce qui est consigné sur le papier est physiquement présent dans les murs de l’institution.
Au Musée Barrois, ce premier récolement d’envergure est aussi l’occasion de moderniser et d’informatiser l’ensemble des fonds : chaque pièce est mesurée, photographiée et fait l’objet d’un constat d’état sanitaire rigoureux. Un travail titanesque à l’échelle des 30 000 objets estimés que compte la collection.
Ethnologie française : plus de 800 objets traités et des redécouvertes étonnantes
Le chantier avance par campagnes thématiques. Cet été s’est achevée la section consacrée à l’ethnologie française (les anciens « arts et traditions populaires »), regroupant les objets de la vie quotidienne d’autrefois (outils, vaisselle, ustensiles, etc.).
Plus de 800 pièces ont été récolées cette année. Les dernières opérations de la saison estivale ont demandé un effort particulier de manutention en raison de la taille et du poids de certaines pièces remisées au fond des réserves :
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Un poêle en fonte de 22 kg ;
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Un fusil de chasse de 19 kg ;
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Une collection remarquable de landaus anciens (pour enfants et pour poupées).
« C’est toujours très intéressant parce qu’on redécouvre des objets tout à fait étonnants qu’on n’avait jamais vus, remisés au fin fond de nos réserves. Tous les jours, on apprend des choses », souligne Claire Paillé.
Prochain défi : cap sur l’archéologie et ses milliers de silex préhistoriques
L’équipe s’attaque désormais aux collections d’archéologie préhistorique. Si le poids des pièces y est bien moindre, c’est leur nombre vertigineux qui constitue le véritable défi logistique et scientifique. En trois semaines seulement, plus de 350 pièces ont déjà été inventoriées sur un ensemble qui en compte plusieurs milliers.
L’autre enjeu réside dans la recherche et l’identification : en l’absence de préhistorien spécialisé au sein de l’équipe, le personnel mène un travail d’investigation documentaire approfondi pour identifier la fonction exacte de chaque pierre taillée (grattoirs, racloirs, lames) et retrouver leurs sites d’origine.

Le zoom technique : La chasse aux insectes par anoxie statique
Profiter des fortes chaleurs estivales est une aubaine pour la conservation préventive. Cet été, les équipes ont réalisé 6 bulles d’anoxie statique de grands volumes (1 à 1,5 m³) pour traiter les objets en bois attaqués par les insectes xylophages.
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Le principe : Enfermer hermétiquement les œuvres dans une étui étanche pour les priver d’oxygène et asphyxier larves et insectes à tous les stades.
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Les conditions : Pour être efficace, l’opération nécessite un maintien sous scellés d’au moins 3 semaines combiné à une température constante supérieure à 21 °C.
Retrouvez toute l’actualité du Musée Barrois et les images des coulisses du chantier de récolement sur leur page Facebook officielle.