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Sécheresse 2026, Seine Grands Lacs active ses réservoirs face à la baisse des débits

today07/07/2026

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À la suite d’un printemps particulièrement sec et d’une vague de chaleur intense fin juin 2026, les débits de la Seine, de la Marne, de l’Aube et de l’Yonne ont amorcé une baisse préoccupante. Pour y pallier, l’Établissement Public Territorial de Bassin (EPTB) Seine Grands Lacs a engagé dès le 2 juin sa phase de déstockage progressif avec près d’un mois d’avance sur le calendrier habituel.

Entretien avec Baptiste Blanchard, Directeur général des services de Seine Grands Lacs

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    Sécheresse 2026, Seine Grands Lacs active ses réservoirs face à la baisse des débits redaction

Un dispositif stratégique activé en urgence

La situation hydrologique du bassin de la Seine s’est tendue rapidement à l’approche de l’été. Habituellement fixé au début du mois de juillet, le soutien à l’étiage (le niveau le plus bas d’un cours d’eau) a dû être anticipé au début du mois de juin. Les quatre grands lacs-réservoirs gérés par l’établissement, le lac du Der, le lac d’Orient, le lac d’Amance-Temple et le lac de Pannecière,  ont vu leurs vannes s’ouvrir pour injecter des millions de mètres cubes dans le réseau fluvial amont.

L’objectif de cette manœuvre est crucial : garantir l’alimentation en eau potable des populations, assurer le bon fonctionnement des stations d’épuration, maintenir la navigation commerciale et touristique, et sécuriser le refroidissement d’installations industrielles majeures telles que la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.

Chiffres clés de la situation hydrologique :

  • Volume au 2 juin : 710 millions de m³ (taux de remplissage de 90 %).

  • Volume au 2 juillet : 662 millions de m³ (taux de remplissage de 84 %).

  • Débit Moyen constaté à Paris : Environ 80 m³/s (seuil de vigilance).

  • Évaporation caniculaire : Jusqu’à 10 m³/s cumulés sur l’ensemble des lacs lors des pics.

L’impact de la canicule et le phénomène d’évaporation

Fin juin, une vague de chaleur intense de plus de 10 jours est venue aggraver la situation, obligeant Seine Grands Lacs à doubler ses débits de déstockage à deux reprises (les 22 et 25 juin). Sans cet apport artificiel, les seuils d’alerte et de crise auraient été franchis sur de nombreux tronçons, entraînant de lourdes restrictions d’usage.

Cette même canicule a provoqué un phénomène d’évaporation massive sur la surface des lacs, atteignant près de 5 m³/s sur le seul lac du Der et 2,5 m³/s sur l’Orient et l’Amance-Temple. Monsieur Baptiste Blanchard, Directeur Général des Services de Seine Grands Lacs, rappelle l’importance de cette perte : « C’est l’équivalent d’une piscine toutes les 7 secondes qui s’évapore en période de pic. » Bien que ce paramètre soit intégré dans les modèles de prévision, il grignote la ressource disponible pour le reste de la saison.

L’importance de ces infrastructures est majeure pour l’Île-de-France : en fin d’été, la proportion d’eau coulant à Paris provenant directement des lacs-réservoirs peut dépasser les 50 %. Plus on remonte vers l’amont (comme à Troyes ou à Châlons-en-Champagne), cette proportion peut atteindre 70 %, 80 % voire 90 % du débit total de la rivière.

Focus sur l’Yonne et le canal de Bourgogne

La situation la plus critique concerne actuellement le bassin de l’Yonne. Le lac de Pannecière, qui soutient ce secteur, possède une capacité limitée, environ dix fois plus petite que celle des trois autres lacs cumulés.

Face à des débits naturels extrêmement faibles constatés en amont, l’établissement a dû rehausser les apports le 2 juillet afin de préserver la biodiversité locale et sécuriser l’alimentation de la rigole du Nivernais. Cette dernière est indispensable pour alimenter le canal de Bourgogne, géré par Voies Navigables de France (VNF).

Une gestion prudente pour tenir sur la durée

Malgré la précocité de la crise, le taux de remplissage global des réservoirs reste jugé satisfaisant à 84 % au début du mois de juillet. La stratégie actuelle repose sur une concertation étroite avec l’État, les collectivités, et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie afin d’économiser l’eau pour les mois à venir.

Si la sécheresse devait se prolonger de manière sévère jusqu’à la fin de l’automne, Seine Grands Lacs dispose de « tranches de réserve » supplémentaires de 62 millions de m³ sur le Der et Amance-Temple. Celles-ci permettront, si nécessaire, d’assurer un débit de soutien renforcé à 30 m³/s entre le 1er novembre et le 15 décembre (contre 14 m³/s prévus réglementairement).

Crédit photo : Seine Grands Lacs

Appel à la vigilance : Bien que le niveau actuel des rivières soit maintenu sous contrôle grâce aux infrastructures, le bassin est placé en situation de vigilance. Seine Grands Lacs s’associe aux services de l’État pour inviter chaque usager, particulier comme professionnel, à limiter sa consommation d’eau non indispensable et à respecter scrupuleusement les arrêtés préfectoraux de restriction.

Écrit par: redaction

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