Chaque mois, l’émission « Un mois, une espèce » d’Active Radio met à l’honneur une nouvelle espèce de notre faune locale avec Etienne Clément, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) de Champagne-Ardenne.
Ce mois-ci, place à la linotte mélodieuse (Carduelis cannabina), un petit passereau qui illustre bien les défis liés à la préservation des espèces communes.
Pourquoi ce choix d’espèce ?
Avec l’arrivée du printemps, les migrations reprennent et de nombreuses espèces, comme la fauvette à tête noire, le rouge-gorge, ou le serin cini, reviennent sur notre territoire. Si la linotte mélodieuse était une espèce très commune par le passé, elle a subi un déclin important au cours des 30 dernières années en raison d’effritements sévères de ses effectifs.
Son nom scientifique, Carduelis cannabina, reflète bien son régime alimentaire :
Le chant
Le chant du mâle est une phrase musicale consistant en une suite rapide, voire précipitée, de notes variées, certaines douces, d’autres plus dures, absolument pas stéréotypée. Le chant commence assez lentement puis le rythme s’accélère en une succession de notes très diverses, saccadées, tintantes, sifflées, roulées…
Un oiseau en déclin
La linotte mélodieuse est un oiseau qui a tendance à négliger l’installation de son nid, ce qui le rend vulnérable à la prédation. Le nid, qui peut être détruit assez souvent, est généralement construit dans des espaces « ouverts » comme la végétation basse ou clairsemée, les broussailles, les buissons, ou les haies, qui lui servent de refuge.
La disparition progressive de son habitat est la cause principale de son déclin en France. La linotte mélodieuse a de plus en plus de mal à trouver ses ressources alimentaires, souvent composées de graines d’herbes sauvages (les « mauvaises herbes »), en raison des pratiques de jardinage et d’entretien qui visent à faire « trop propre » et à éliminer ces végétaux.
Conseils de gestion pour préserver l’espèce
Pour aider cette espèce, quelques gestes de gestion simple peuvent être mis en place :
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Ne pas tout faucher : Conserver des zones un peu « sauvages » dans les jardins et les parcs.
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Laisser les « mauvaises herbes » : Ces herbes sauvages, qui ne sont pas si mauvaises que cela, sont en réalité une ressource précieuse pour la linotte mélodieuse.
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Éviter l’utilisation de pesticides : Pour favoriser la survie de l’espèce.

Si vous souhaitez l’observer, sachez qu’elle est plus facile à repérer à la jumelle en raison de sa petite taille, le mâle présentant un très beau plumage rouge, facile à reconnaître.