Chaumont au fil du temps (version longue), épisode 5.Cap sur les parcs et jardins de la ville. Du square du Boulingrin au jardin Agathe Roullot, en passant par la Gloriette, les boulevards ou la ceinture verte, Chaumont révèle à travers ses espaces paysagers un patrimoine à la fois naturel, culturel et urbain, aujourd’hui au centre de nouvelles réflexions.
Podcast avec Anthony Koenig, directeur de mission Cœur de Ville, Ivan Gaultier, référent du patrimoine arboré, et Cédric Foulon, référent parcs et espaces publics :
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Parcs, squares et jardins : un patrimoine vivant au cœur de Chaumontchaumont
Quand on évoque le patrimoine de Chaumont, on pense d’abord aux bâtiments, aux remparts, aux églises ou aux hôtels particuliers. Pourtant, la ville possède aussi un patrimoine naturel et paysager particulièrement riche, souvent plus discret, mais tout aussi structurant dans son identité.
Squares, jardins, alignements d’arbres, promenades, espaces naturels : le végétal occupe une place importante dans le paysage chaumontais. Cette richesse s’inscrit dans un cadre plus large, avec des zones naturelles reconnues et protégées, qui rappellent que Chaumont ne se résume pas à son bâti, mais se lit aussi à travers ses respirations vertes.
Un patrimoine à la croisée du culturel et du naturel
Les parcs et jardins occupent à Chaumont une place un peu particulière. Ils ne sont ni complètement naturels, ni totalement façonnés comme un bâtiment. Ils se situent à l’intersection du vivant, de l’histoire, de l’aménagement urbain et des usages quotidiens.
C’est ce qui fait aussi leur singularité. Ils racontent l’évolution de la ville, ses choix d’urbanisme, ses sensibilités paysagères, ses périodes de densification ou au contraire de verdissement. Ils sont à la fois héritage et matière vivante, soumis au temps, à l’entretien, aux tempêtes, au climat et aux transformations des pratiques.
Une politique de verdissement et de redécouverte
Depuis plusieurs années, la Ville développe une politique plus affirmée autour du végétal. Cela passe par la plantation d’arbres, l’accompagnement des habitants dans le verdissement des pieds de façade, la désimperméabilisation des sols ou encore la végétalisation de certains espaces comme les cimetières.
Mais au-delà des actions concrètes, il y a aussi une volonté de mieux connaître cet héritage paysager, d’identifier les éléments remarquables, d’anticiper l’avenir des végétaux, de replanter, de retrouver parfois certains alignements anciens ou des perspectives perdues, et de penser le patrimoine végétal de demain.
Le Boulingrin, repère emblématique de cette histoire
Parmi les lieux les plus symboliques, le square du Boulingrin occupe une place centrale. Premier parc public créé dans l’histoire de la préfecture de la Haute-Marne, il constitue un repère fort pour les habitants et un lieu de promenade bien identifié.
Le site fait aujourd’hui l’objet d’une attention particulière. L’ambition qui se dessine est de mieux le faire reconnaître par le grand public, avec à terme la perspective d’une valorisation comme “jardin remarquable”. Un plan de gestion est en cours de finalisation, avec plusieurs objectifs : retrouver la cohérence du dessin du square conçu au XIXe siècle, enrichir à nouveau le lieu par des essences botaniques adaptées aux enjeux climatiques, et intégrer les animations comme Chaumont Plage dans son équilibre de vie.
Le Boulingrin a beaucoup évolué au fil du temps. Autrefois plus fermé, ceint de grilles et plus dense dans sa composition végétale, il s’est progressivement ouvert sur l’extérieur. Entre les arbres disparus, les haies non remplacées et les interventions successives, son visage s’est transformé. Aujourd’hui, la Ville cherche à lui redonner davantage de densité arborée et une lisière plus végétale, dans une recherche d’équilibre entre ouverture, nature et usages.
Des jardins qui racontent aussi les choix d’une époque
Le sujet des parcs et jardins permet aussi de relire l’histoire récente de Chaumont. Des Trente Glorieuses à aujourd’hui, la place de l’arbre et du végétal dans l’espace public a beaucoup changé. Il y a eu des périodes de suppression d’alignements, puis un retour progressif à une politique de plantation plus dynamique.
Depuis la fin des années 1990 notamment, la ville semble renouer avec une attention plus forte portée aux jardins, non seulement pour des raisons écologiques, mais aussi avec un regard patrimonial. Cela signifie qu’on ne voit plus seulement ces espaces comme du décor ou du simple cadre de vie, mais comme un héritage à entretenir, à restaurer et à transmettre.
Un patrimoine vivant tourné vers l’avenir
C’est sans doute ce qui rend ce sujet particulièrement intéressant : les parcs et jardins sont des patrimoines en mouvement. Leur silhouette peut sembler stable, familière, presque immuable, alors qu’en réalité ils évoluent sans cesse.
À l’heure du dérèglement climatique, leur entretien devient encore plus complexe. Il faut préserver, adapter, replanter, repenser parfois. Et en même temps, continuer à faire de ces lieux des espaces accessibles, agréables, vivants, capables de répondre aux usages des habitants tout en respectant leur histoire.
À Chaumont, les parcs et jardins apparaissent ainsi comme bien plus que de simples espaces verts. Ils sont des marqueurs du paysage, des repères de mémoire, des lieux de respiration et des patrimoines à part entière.
Au-delà des ateliers et des animations proposés lors de l’Handi’cathlon mobilité, organisé mercredi 10 juin à Chaumont, l’événement a aussi permis de mettre en lumière un travail plus large mené par la Ville autour de l’inclusion des personnes en situation de handicap. Un projet porté conjointement par les missions One Health et Cœur de Ville, avec l’ambition de réfléchir à une ville plus accessible, mais aussi plus attentive au regard […]