À l’occasion du récent comparatif publié par le magazine Auto Plus, Yves Carra, porte-parole de Mobilité Club France, s’est exprimé au micro d’Active Radio pour analyser le duel fratricide entre la Renault Twingo E-Tech et la nouvelle Renault 5 E-Tech. Derrière ce match 100 % électrique se cachent des réalités d’usage cruciales pour les consommateurs, ainsi qu’un débat politique européen brûlant sur l’avenir des moteurs thermiques.
Renault Twingo vs Renault 5 : Le choc des prix et des autonomies réelles
Ce duel met en scène deux véhicules français assemblés sur le territoire national, bien qu’il faille rappeler avec réalisme qu’une grande partie des composants de leurs batteries demeure d’origine chinoise. Pour assurer la transparence des coûts, les tarifs analysés excluent volontairement le bonus écologique, jugé artificiel et variable.
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Renault Twingo E-Tech (Autonomie Urbaine) : Affichée au prix de 21 000 € (hors bonus), elle annonce une autonomie théorique de 200 km.
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Renault 5 E-Tech (Finition « Five », entrée de gamme) : Commercialisée à 24 990 € (hors bonus), elle promet une autonomie de 280 km.
Bien que la nouvelle R5 rencontre un immense succès populaire grâce à son design réussi, une ombre majeure plane sur les versions d’entrée de gamme de ces deux citadines : l’absence de recharge rapide de série.
Pour la Twingo, l’accès aux bornes rapides sur autoroute est une option facturée 500 €. Sans cela, dès que la batterie descend sous le seuil critique des 20 %, la recharge prend plusieurs heures sur une prise standard. Les longs trajets routiers deviennent alors impossibles.
L’illusion de l’équivalence d’usage : Le prix de la polyvalence
Pour une seconde voiture d’appoint rechargée à domicile pour les trajets quotidiens, ces modèles remplissent parfaitement leur rôle. En revanche, à plus de 21 000 € le ticket d’entrée, le consommateur est en droit d’attendre un véhicule polyvalent. À ce tarif, le marché de l’occasion propose par exemple des Tesla bien plus performantes, et le marché du neuf regorge d’alternatives thermiques.
Il existe un écart fondamental d’usage entre une voiture thermique et une voiture électrique de prix équivalent. Une voiture thermique achetée neuve entre 20 000 € et 30 000 € offre une polyvalence totale : 500 km d’autonomie moyenne, un plein effectué en 3 minutes et une liberté absolue. Pour obtenir un niveau d’usage et de sérénité similaire avec un véhicule électrique, l’investissement requis grimpe immédiatement à un montant oscillant entre 35 000 € et 40 000 €. L’électrification généralisée n’est donc pas encore adaptée à toutes les bourses ni à tous les besoins.
Carburants alternatifs : Le coup de gueule contre la position française
L’avenir de l’automobile pourrait cependant prendre un virage inattendu d’ici la fin de l’année. La Commission européenne s’apprête à revoter (sous l’impulsion de l’Italie et de l’Allemagne) sur l’autorisation de vente des moteurs thermiques après 2035, à la condition stricte qu’ils fonctionnent avec des carburants totalement propres et neutres en carbone.
Des alternatives concrètes au pétrole se développent rapidement :
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Le Superéthanol « E85+ » : Une évolution majeure 100 % renouvelable où les 15 % de pétrole restants du E85 actuel sont remplacés par un additif de synthèse.
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L’hydrogène : Utilisable directement dans des moteurs thermiques adaptés.
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Les e-fuels et biocarburants : À l’image du B100, permettant de faire rouler les technologies actuelles sans polluer.
Dans ce contexte de négociations, l’Allemagne et l’Italie militent activement pour préserver le savoir-faire du moteur thermique propre. À l’inverse, la France s’illustre par son opposition ferme à cette ouverture technologique.

Un positionnement politique que déplore vivement Yves Carra, pointant un décalage flagrant avec la volonté des automobilistes français : « Si l’on posait directement la question aux citoyens, ils voteraient tous pour le maintien du moteur thermique dès lors qu’il s’affranchit du pétrole. Tout le monde veut se libérer de la dépendance pétrolière, mais la liberté de choix technologique doit rester la règle. Il y a un réel problème de représentation politique sur ce dossier en France. »