Le collectif Mai à Vélo est un acteur majeur de la promotion du vélo en France, et au cœur de cette initiative se trouve la “mission vélo et marche” interministérielle. Suzanne Lécroart, Ancienne Haut-Marnaise, adjointe au coordonnateur interministériel vélo et marche à la Direction Générale des Infrastructures, des Transports et des Mobilités, éclaire le rôle précis de cette mission et son impact sur les objectifs nationaux de mobilité douce au micro d’Active Radio
Un Partenaire Essentiel du Collectif Mai à Vélo
La mission interministérielle pour le développement du vélo et de la marche est engagée auprès du collectif Mai à Vélo depuis son lancement en 2020. Son équipe, qui s’est étoffée au fil du temps, participe activement aux comités de pilotage. Comme les autres partenaires, elle contribue en partageant des idées et en apportant un soutien financier. L’objectif principal de Mai à Vélo est d’encourager un maximum de personnes à se mettre en selle pour un mois, avec l’ambition que cette expérience se prolonge au-delà. Chaque initiative visant à développer la part modale du vélo est cruciale pour atteindre les objectifs nationaux en matière de santé publique et de dé-carbonisation.
Au-delà des Chiffres : Des Indicateurs de Succès Robustes
Si les chiffres de fréquentation de Mai à Vélo sont importants, la mission vélo et marche suit également des indicateurs de succès à long terme pour évaluer l’impact réel de ses actions. Certains sont déjà établis, tels que la part modale du vélo dans les trajets domicile-travail ou le nombre de passages de vélos aux points de comptage. L’ambition est d’aller plus loin en développant des indicateurs plus robustes de la pratique cyclable, notamment pour les trajets vers l’école et les petits déplacements quotidiens.
Améliorer l’Accessibilité et la Sécurité des Infrastructures
L’accessibilité et la sécurité des infrastructures représentent des freins majeurs à l’adoption du vélo. Au niveau national, la mission interministérielle a mis en place des dispositifs de subvention, comme le Fonds Mobilités Actives puis le Fonds Vert, pour dynamiser la réalisation d’infrastructures cyclables. Ces subventions ont été spécifiquement renforcées pour les territoires ruraux et les quartiers prioritaires.
Au niveau régional, les services de l’État disposent de chargés de mission vélo qui animent des réseaux de collectivités. Leur rôle est de faciliter l’échange de bonnes pratiques et d’expérimentations. Face aux défis budgétaires actuels des acteurs locaux, la mission souhaite intensifier ce partage, notamment autour de “solutions frugales” permettant de créer des infrastructures cyclables avec peu de travaux, par exemple en repensant les plans de circulation ou en réservant certaines routes aux agriculteurs et aux cyclistes.
Accompagner les Territoires Ruraux et les Villes de Taille Moyenne
Le développement du vélo ne se limite pas aux grandes villes. La mission vélo et marche accompagne activement les territoires ruraux et les villes de taille moyenne dans leurs projets de mobilités actives. Le principal défi rencontré est celui des représentations : la mobilité individuelle en voiture a structuré nos modes de vie depuis des décennies, éloignant les lieux de vie des lieux de travail ou d’études et augmentant les besoins de déplacement.
Le défi majeur, présent sur tous les territoires, est l’habitude. Changer les habitudes de mobilité, en particulier l’usage systématique de la voiture, est complexe. Cependant, des événements comme une panne de voiture, un déménagement ou un changement d’emploi peuvent inciter à repenser ses choix de mobilité. Dans ces moments, de nouvelles options comme le covoiturage, les trajets multimodaux (vélo + bus) ou le groupement des trajets peuvent émerger. Pour cela, il est essentiel que les infrastructures permettent ces choix diversifiés, garantissant à chacun le droit de se déplacer en sécurité sans voiture individuelle.

Un Message Clé pour l’Avenir du Vélo
Pour convaincre un auditeur sceptique, Suzanne Lécroart met en avant les bénéfices directs de la pratique du vélo au quotidien : “Chaque trajet fait à vélo augmente son espérance de vie en bonne santé, et le vélo rend heureux, comme les études scientifiques sur la santé mentale le prouvent.” Elle ajoute que “quand on libère les cyclistes enfermés dans les voitures, ça fait tout de suite plus de monde dans les espaces de vie, plus d’occasions de créer du lien… ça fait des villes, des villages ou des hameaux plus habités et vivants !”
Les prochaines étapes majeures pour la mission interministérielle viseront à renforcer ces dynamiques, en continuant à soutenir le développement des infrastructures, à encourager le partage de bonnes pratiques et à changer les mentalités pour faire du vélo un choix de mobilité évident et accessible à tous.