Si les portes du Musée barrois sont actuellement closes, l’activité à l’intérieur de ses murs est loin de s’essouffler. Derrière les rideaux, l’équipe s’attèle à une tâche de l’ombre mais essentielle : le récolement. Ce travail de fourmi permet de vérifier la présence, l’état et l’inventaire des collections pour mieux les préserver.
Claire Paillé, responsable du musée Barrois est notre invitée
Le récolement : un voyage au cœur du quotidien d’autrefois
Depuis plusieurs mois, l’attention se porte sur le fonds des Arts et Traditions Populaires (ATP). Loin des dorures, ce sont les objets du quotidien, souvent modestes, qui racontent la véritable histoire de notre territoire.
Le chantier actuel met en lumière une collection impressionnante d’outils agricoles, viticoles et de maréchalerie. On y retrouve notamment les traces de deux savoir-faire locaux emblématiques :
- L’atelier Henry de Tannois
- L’atelier Bourguignon-Ronfaut de Louppy-sur-Chée
Faucilles, pinces et marteaux passent ainsi entre les mains expertes de l’équipe pour être documentés. Ces objets sont les témoins précieux des modes de vie passés et des gestes techniques qui ont façonné le paysage barrois.
Un musée-école pour les futurs professionnels
Le Musée barrois ne se contente pas de conserver le passé ; il prépare aussi l’avenir. En février, l’établissement s’est transformé en un véritable terrain d’apprentissage pour deux groupes d’étudiants de l’Université de Lorraine :
- Master 1 « Valoriser les patrimoines historiques » : Ces futurs experts ont pu découvrir concrètement la réalité d’un chantier de récolement et les stratégies de médiation « hors-les-murs » déployées par le musée pendant sa fermeture.
- Master 2 « Histoire de l’art et métiers des musées » : Une séance plus stratégique, articulée autour du Projet Scientifique et Culturel (PSC). Les étudiants ont participé à des ateliers de réflexion commune sur des thématiques cruciales : la conservation des œuvres et les nouvelles manières d’aller à la rencontre du public.

Pelle de tranchée française ayant servi durant la Première Guerre mondiale. Elle était utilisée pour creuser les sapes (tranchées ou fosses) sous les constructions ennemies afin de les faire écrouler. D’après l’inventaire, cette pelle a été utilisée pour le creusement des sapes d’Argonne.
(Pelle de tranchée, acier et bois, 1914-1918, inv. 967.10.2)
Le saviez-vous ? Le récolement est une obligation légale pour les “Musées de France”, garantissant que chaque pièce de la collection est bien là où elle doit être.