Privé des subventions indispensables au fonctionnement de ses missions, le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles de Haute-Marne se voit contraint de suspendre son accueil physique pendant une semaine. Cette fermeture symbolique, inédite et lourde de sens, traduit une situation financière critique qui menace directement l’accompagnement des femmes victimes de violences et l’égalité sur le territoire. Face à ce silence des pouvoirs publics, le CIDFF 52 lance un appel urgent à la mobilisation.
Entretien avec Jeanne Sellier, présidente du CIDFF 52 :
Le CIDFF 52 contraint de se mobiliser face à l’attente des subventions de l’État
Du 23 au 27 juin, le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) de Haute-Marne entre en mobilisation. Objectif : alerter les pouvoirs publics et l’opinion sur une situation budgétaire critique qui menace directement la pérennité de ses actions sur le territoire.
Des aides de l’État toujours en attente
Depuis l’adoption de la loi de finances 2025, les subventions attendues par les structures œuvrant pour l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les violences n’ont pas été versées. Parmi elles, le CIDFF 52, qui se retrouve aujourd’hui dans une impasse. La structure n’a toujours pas reçu les crédits attendus, notamment la compensation liée à la “Prime Ségur”, pourtant votée par amendement au Sénat en janvier dernier.
Des conséquences déjà bien réelles
Pour l’association, les effets sont concrets et douloureux : des suppressions de postes, des licenciements et des fermetures de permanences, en particulier dans les zones rurales. Face à cette crise, le CIDFF a décidé de fermer son accueil physique pendant toute la semaine de mobilisation, du 23 au 27 juin, afin de rendre visible l’alerte et sensibiliser à l’urgence de la situation.
Un rôle essentiel sur le territoire
Le CIDFF 52 joue pourtant un rôle indispensable. Chaque année, plus de 1700 femmes sont accompagnées, dont plus de 300 victimes de violences. L’association assure ses missions dans un cadre confidentiel, gratuit et inconditionnel — des services d’intérêt général directement menacés aujourd’hui.
Une charge supplémentaire non compensée
À l’origine de ces difficultés, la revalorisation salariale imposée par l’extension de la Prime Ségur à l’ensemble du secteur social et médico-social non lucratif. En 2024, cette mesure a coûté 18 700 euros au CIDFF. En 2025, la charge grimpera à 25 000 euros, sans qu’aucune compensation ne soit versée à ce jour.
Dans un contexte où les sollicitations augmentent chaque année, le CIDFF se voit contraint de hausser le ton pour continuer d’exister. Une semaine pour alerter, espérer être entendu… et tout simplement pouvoir continuer à protéger les plus fragiles.