Peu de temps après avoir raflé la mairie de Chaumont, Antoine Desfretier a également pris la tête de l’Agglomération de Chaumont, mardi 7 avril, à l’issue d’un long conseil communautaire organisé à Palestra. Avec 58 voix contre 38 pour le président sortant et maire de Rennepont Stéphane Martinelli, il s’impose plus largement qu’attendu et ouvre une nouvelle séquence politique à l’échelle intercommunale. La journée a aussi été marquée par l’intervention et la manifestation de salariés et apprentis d’Alméa Formations.
Entretien avec Antoine Desfretier, président de l’Agglomération de Chaumont (vidéo à retrouver ici) :
Entretien avec Stéphane Martinelli, président sortant de l’Agglomération de Chaumont (vidéo à retrouver ici) :
Entretien avec François Curinier, formateur Alméa Formations qui avait entamé une grève de la faim (vidéo à retrouver ici) :
Une nouvelle page s’est donc ouverte ce mardi pour l’Agglomération de Chaumont. Réunis toute la journée à Palestra, les élus communautaires avaient à désigner leur nouveau président. Deux candidats se faisaient face : Antoine Desfretier, nouveau maire de Chaumont, et Stéphane Martinelli, président sortant et maire de Rennepont.
Au total, 102 élus ont pris part au vote, en l’absence d’un représentant de Mirbel. À l’arrivée, Antoine Desfretier l’emporte avec 58 voix, contre 38 pour Stéphane Martinelli. Un résultat net, marqué notamment par le basculement d’une partie des élus ruraux et par le soutien affiché de plusieurs communes importantes du territoire.
Une victoire plus large que prévu
L’écart constaté au moment du vote s’est révélé plus important que ce que certains observateurs anticipaient. Fort de sa dynamique après sa victoire aux municipales à Chaumont, Antoine Desfretier confirme donc son installation au cœur du jeu local, en ajoutant la présidence de l’Agglomération à son mandat de maire.
Dès son élection, il s’est voulu rassembleur, en insistant sur l’idée d’un projet collectif, d’une équipe et d’une mise en commun des compétences. Un message qu’il a souhaité porter d’autant plus fortement que cette élection communautaire s’est jouée dans un contexte de fortes tractations, jusque dans les dernières heures précédant le vote.
Une équipe de vice-présidents ouverte aux communes rurales
Après son élection, Antoine Desfretier a proposé une équipe de onze vice-présidents. Sa composition traduit la volonté affichée d’associer largement les communes rurales, tout en intégrant aussi des profils venus de sensibilités parfois différentes ou de l’ancienne majorité communautaire.
La première vice-présidence revient à Audrey Duhoux, maire de Viéville, chargée de la solidarité, de la santé et des ressources humaines. Thierry Ponce, maire de Nogent, devient deuxième vice-président en charge de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Johan Gromaire, conseiller municipal de Chaumont, obtient la délégation au développement économique, tandis que Maxence Lemoine, maire de Bologne, prend l’attractivité, la transition énergétique et le développement durable.
Stephan Emeraux, maire de Marnay-sur-Marne, conserve les sports et les loisirs. Christophe Fischer, conseiller municipal de Vouécourt, hérite de l’urbanisme et du patrimoine. Christophe Guyot, maire de Riaucourt, prend en charge le scolaire, le périscolaire et l’extrascolaire. Étienne Marasi, maire de Vignory, se voit confier la mobilité et l’inter-mobilité. Bernard Vialletel, premier adjoint de Chamarandes-Choignes, sera chargé de l’environnement et du cycle de l’eau. Jean-Marie Joder, conseiller municipal de Chaumont, obtient la cohésion sociale et territoriale. Enfin, Jérôme Lefour, maire de Froncles, devient vice-président chargé des services au quotidien.
Antoine Desfretier a choisi de conserver lui-même la délégation aux finances.
Un premier signal politique fort
Au-delà des équilibres de personnes, cette élection marque aussi un tournant politique. L’alternance intervenue à Chaumont après les municipales du 22 mars trouve ici une traduction directe à l’échelle communautaire. En quelques jours, Antoine Desfretier a donc pris les commandes de la ville centre puis de l’intercommunalité.
Son discours d’installation à la présidence de l’Agglomération a cherché à conjuguer ouverture et stabilité, en intégrant certains élus ayant travaillé avec Stéphane Martinelli tout en posant sa propre marque politique.
Le dossier Alméa toujours sous tension
Cette journée communautaire a aussi été marquée par la mobilisation autour du dossier Alméa. Dès le matin, formateurs et alternants s’étaient rassemblés devant Palestra pour interpeller les élus sur l’avenir du site chaumontais. Des pancartes et banderoles dénonçaient les incertitudes pesant sur les formations, les équipes et les jeunes.
Durant la séance, François Curinier, formateur en histoire et français, a pris la parole pour alerter sur les conséquences qu’aurait une fermeture ou un affaiblissement durable d’Alméa pour le territoire. Les personnels réclament notamment des décisions politiques rapides et souhaitent voir les sites haut-marnais détachés de la structure Alméa Champagne-Ardenne pour être rattachés à une autre entité, comme la Chambre des métiers.
À noter également que le formateur, qui avait entamé une grève de la faim depuis huit jours, y a mis fin ce mercredi. Une décision qui n’éteint toutefois pas le conflit, alors que les inquiétudes sur l’avenir de l’établissement restent entières.
Avec cette élection communautaire, Antoine Desfretier entame donc une nouvelle étape de son installation à la tête des principales institutions locales. Mais entre la composition de son exécutif, les attentes des communes membres et les dossiers brûlants comme celui d’Alméa, le nouveau président de l’Agglomération de Chaumont entre immédiatement dans le concret.
