À l’approche des prochaines échéances électorales, le débat public se focalise souvent sur de grands enjeux nationaux. Pourtant, pour des milliers de citoyens, l’enjeu majeur se situe au ras du sol : sur nos trottoirs, aux seuils de nos mairies et à l’entrée de nos commerces. Pour les personnes en situation de handicap, la campagne électorale est l’occasion de rappeler une réalité brutale : l’espace public est encore trop souvent un parcours du combattant.
Témoignage d’Hervé Graillot, infirme moteur cérébral, exaspéré par les incivilités qui alourdissent son quotidien, et un environnement urbain encore inadapté
Le constat : entre obstacles et exclusion
Malgré les évolutions législatives, le quotidien reste marqué par des infrastructures inadaptées. Un trottoir trop haut, une pente trop raide ou une porte trop étroite ne sont pas seulement des désagréments logistiques ; ce sont des barrières à la citoyenneté. Comment se rendre aux urnes, participer à une réunion publique ou simplement circuler librement quand l’environnement nous en exclut ?
L’exemple de Mathons : quand l’élu écoute l’usager
Heureusement, des solutions concrètes existent et elles ne demandent pas toujours des budgets colossaux, mais surtout de la concertation. C’est le cas à Mathons, en Haute-Marne.
Ici, la municipalité a compris qu’une accessibilité réussie ne s’improvise pas sur plan, mais se construit avec les premiers concernés. Pour les travaux de la salle des fêtes, la mairesse a pris l’initiative de solliciter l’avis d’Hervé Graillot, qui possède une résidence de vacances dans la commune.
En demandant conseil à un usager en situation de handicap, la commune s’est assurée que les aménagements soient réellement fonctionnels et non simplement « aux normes » sur le papier.
Un appel aux futurs élus
Le cas de Mathons doit servir d’exemple. L’accessibilité ne doit plus être vue comme une contrainte administrative, mais comme un investissement pour le vivre-ensemble. À travers ce témoignage, nous interpellons les candidats :

L’inclusion n’est pas une option, c’est un droit. Il est temps que chaque commune s’inspire de cette démarche de dialogue pour que demain, personne ne reste sur le pas de la porte.