À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, autorités judiciaires, police, gendarmerie et soignants se sont réunis mardi 25 novembre 2025 au centre hospitalier de Chaumont pour faire le point sur les dispositifs locaux. Tous ont rappelé l’urgence de mieux accompagner les victimes et d’intensifier la réponse pénale.
Entretien avec Denis Devallois, procureur de la République :
Entretien avec Nicolas Dumont, médecin légiste :

Le centre hospitalier de Chaumont a servi de cadre, ce mardi 25 novembre, à un temps d’échanges consacré à la lutte contre les violences intra-familiales. Autour de la préfète Régine Pam, du procureur de la République Denis Devallois, des représentants de la police et de la gendarmerie, ainsi que des équipes hospitalières, un constat s’est imposé : les signalements ne cessent d’augmenter en Haute-Marne, en ville comme en milieu rural.
Au cœur de cette rencontre, la mission du docteur Nicolas Dumont, médecin légiste partagé entre Chaumont et le CHU de Dijon. Présent deux jours par semaine dans le département depuis deux ans, il est devenu un maillon central dans la prise en charge des victimes. Son rôle a été unanimement salué, notamment pour la précision de ses expertises et sa disponibilité sur le terrain. Les autorités ont d’ailleurs confirmé la prolongation de sa mission pour deux années supplémentaires, une décision accueillie comme un signal fort.
Pour les forces de l’ordre, la tendance est sans appel : une large part de leurs interventions concerne désormais les violences familiales. En gendarmerie, ces situations représenteraient la moitié des gardes à vue, et les chiffres enregistrés en 2024 sont déjà atteints, sinon dépassés, en 2025. En zone rurale, la préfète rappelle que l’isolement des habitations rend le repérage plus difficile, ce qui renforce la nécessité d’un accueil fiable et attentif lorsque les victimes franchissent enfin la porte d’un service de police, de gendarmerie ou d’un hôpital.
Du côté du parquet, la priorité est clairement affichée : chaque situation doit faire l’objet d’un traitement judiciaire, y compris lorsque les faits relèvent de tensions intrafamiliales sans violences physiques. Pour Denis Devallois, cette vigilance vise autant à protéger les victimes qu’à prévenir la récidive en orientant rapidement les auteurs vers un accompagnement adapté. Le tribunal travaille, pour cela, en lien étroit avec les associations spécialisées présentes dans le département, qu’il s’agisse de SOS Femmes Victimes, de l’ADAJ ou du PHILL.
À l’hôpital, cette dynamique s’inscrit dans un projet plus large, avec notamment l’ambition de créer une Maison des femmes. Le directeur du centre hospitalier, Xavier Huard, voit dans cette initiative un prolongement indispensable au travail déjà mené par les équipes soignantes et les intervenants spécialisés.
Si la courbe des signalements progresse, les responsables présents préfèrent y voir la preuve que davantage de femmes osent désormais parler, demander de l’aide et faire valoir leurs droits. Une évolution rendue possible, assurent-ils, par la prise en charge renforcée à chaque étape du parcours : de l’accueil aux urgences jusqu’au suivi judiciaire, en passant par l’expertise médicale. Et tous d’insister sur la philosophie commune qui guide désormais l’action publique : tolérance zéro, dès le premier geste.