Le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Didier Berger, était en déplacement à Chaumont ce jeudi 24 septembre. De la nouvelle caserne du Groupement de gendarmerie départementale au commissariat de police, avant une rencontre avec des élus locaux, cette visite était consacrée à la sécurité du quotidien et à l’application des nouvelles mesures nationales, mais aussi aux besoins exprimés sur le terrain.
Entretien avec Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur :
Entretien avec Nicolas Lacroix, président du Conseil départemental de la Haute-Marne :
Première étape dans la nouvelle caserne de gendarmerie
La visite ministérielle a débuté à la caserne Colonel Georges Delmas, qui accueille le Groupement de gendarmerie départementale de la Haute-Marne. Accompagné notamment de la préfète Régine Pam, Jean-Didier Berger a été accueilli par le colonel Yannick Angesicht avant de découvrir plusieurs équipements du site.
Le programme prévoyait notamment un passage par le Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie (CORG), le plateau de police technique et scientifique ainsi qu’une présentation des véhicules et du matériel utilisés par le groupement.
Inaugurée au mois de mai, cette nouvelle caserne constitue l’un des principaux investissements récents du Conseil départemental en matière de sécurité. Le projet représente 22,3 millions d’euros : 13,9 millions financés par le Département, 5,56 millions par le GIP Haute-Marne et 2,87 millions par l’État.
Présentée par le Département comme la plus grande caserne de gendarmerie de France portée par une collectivité, elle comprend 74 logements ainsi que les locaux nécessaires au fonctionnement du groupement : accueil du public, bureaux, laboratoires, salles de réunion, garages, chenil, ateliers et espaces de stockage.
Pour la collectivité, cet investissement doit à la fois améliorer les conditions de travail des militaires et contribuer au maintien d’une présence de la gendarmerie sur le territoire.
La loi RIPOST au cœur des échanges
Après la gendarmerie, Jean-Didier Berger s’est rendu au commissariat de police de Chaumont, où il a été accueilli par le directeur départemental de la police nationale Jean-Noël Brua.
Le déplacement devait notamment permettre d’échanger avec les policiers et les gendarmes autour de la loi RIPOST. Promulgué le 18 août, ce texte porté par le ministère de l’Intérieur vise notamment la délinquance du quotidien, le narcotrafic et la criminalité organisée ainsi que l’adaptation des moyens d’intervention des forces de sécurité.
À Chaumont, les discussions ont aussi permis aux fonctionnaires de faire remonter leurs interrogations sur certaines mesures. Un policier a notamment questionné le ministre sur l’efficacité de l’augmentation de l’amende forfaitaire délictuelle dans la lutte contre les stupéfiants. Jean-Didier Berger a défendu une loi construite, selon lui, à partir des remontées des professionnels de terrain. La Gendarmerie nationale indique elle aussi qu’un travail de recensement des besoins opérationnels avait été engagé en amont de ce texte.
Des demandes d’effectifs qui restent sur la table
Cette visite était également attendue par les représentants des policiers haut-marnais. Parmi leurs revendications figurent notamment des effectifs supplémentaires à Saint-Dizier et un renforcement de la filière judiciaire à Chaumont.
Jean-Didier Berger n’a toutefois pas annoncé de renforts à l’occasion de son déplacement. Il a rappelé les créations d’effectifs intervenues à l’échelle nationale au cours des dernières années et défendu le recours aux moyens technologiques pour compléter l’action des personnels.
La dernière étape de sa venue à Chaumont a justement pris la forme d’un échange avec des élus locaux. Le ministre délégué les a invités à faire remonter les problématiques rencontrées dans leurs communes, en insistant sur la nécessité de prendre en compte les questions de sécurité y compris dans les territoires connaissant moins de faits de délinquance.
Police municipale et sécurité civile également abordées
Les discussions ont aussi porté sur les évolutions envisagées pour les polices municipales. Le projet de loi actuellement en discussion doit notamment faire évoluer leurs prérogatives et leur articulation avec les forces de sécurité de l’État. Le sujet faisait partie des points annoncés en amont du déplacement ministériel.
D’autres textes à venir ont été évoqués par Jean-Didier Berger, notamment autour de l’usage des armes par les forces de l’ordre.
De son côté, le président du Conseil départemental Nicolas Lacroix a profité de cette visite pour attirer également l’attention du ministre sur la sécurité civile. Il a notamment insisté sur la future loi de financement de la sécurité civile et sur la nécessité, pour les Services départementaux d’incendie et de secours, de disposer de moyens adaptés à leurs missions.